Comprendre l’art africain, le blog de masque-art-africain.com

header-blog

Sur le site Comprendre l’art africain, le blog de masque-art-africain.com entièrement consacré à l’art africain sous toutes ses formes (musique, sculptures…), l’art primitif et africain nous est expliqué, car nous ne pouvons pas tout assimiler et déchiffrer avec une culture occidental.Ce site est vraiment à parcourir si l’art africain vous intéresse.

Nous allons nous pencher sur un article en particulier, « l’Art nègre et cubisme » écrit par France en décembre 2010. L’auteure explique l’origine et détermine ce qu’est l’art primitif, ce que nous en connaissons. En effet, les objets africains étaient considérés par les colons comme des curiosités et non comme de l’art comme Picasso, Matisse et leurs confrères.

En effet, Picasso fait appel à ces sources primitives dans beaucoup de ces œuvres cubistes avec des reconstructions géométriques prévenant de « sa réflexion sur la stylisation nègre ».

 « Si Picasso s’est servi de moyens et d’un vocabulaire empruntés à l’art d’Afrique noire, c’est parce qu’il reconnaissait leur pouvoir expressif et leur transcendance. Il n’a cessé d’affirmer qu’à ses yeux, cet art était un art savant et pas un art primitif au sens vulgaire donné à ce terme. »

L’auteure de l’article approfondie sur le rôle de Picasso entre l’art africain et l’art moderne. Elle mentionne notamment les collections d’art africains qui se retrouve dans les œuvres de leurs propriétaires :

Exemple de Picasso avec ce masque Mahongwé qui se retrouve dans le Nu à la draperie ou encore dans les Demoiselles d’Avignon même si ce masque, selon les expert, ne lui a été remis qu’en 1930, après la réalisation de ces œuvres.

MahongweLe masque Mahongwé

0feb_1_sbl

 Les Demoiselles d’Avignon et les comparaisons avec un masque d’art africain.

Marie

Et n’oubliez pas notre flickr !

Un peu d’autopromotion. Je vous invite vivement à visiter notre flickr, il nous a permis de présenter des illustrations en rapport avec nos questionnements sur les relations entre l’art africain et l’œuvre de Pablo Picasso.

Les images sont organisées en quatre galeries :

–          Les études : au cours de nos recherches nous avons été confrontées à des œuvres de Picasso mais aussi et surtout à de nombreuses études qui mettent en valeur les recherches plastiques du peintre. Le choix des illustrations a surtout été concentré sur le début de la période cubiste dans les premières années du XXe siècle. Cette galerie compte de nombreux dessins mais également des aquarelles qui ont permis à Picasso d’étudier les effets de couleurs qu’il voulait obtenir. Nous avons bien sûr orienté notre sélection sur les études qui mettent en valeur les formes proches de l’art africain. Nous avons également orienté notre sélection en fonction des sujets que nous avons abordé dans nos articles notamment la référence récurrente aux Demoiselles d’Avignon

–          Les œuvres : Cette galerie apparaît comme l’aboutissement de la première avec les œuvres finales de Picasso. Les mêmes types de choix et de sélections ont été faits pour optimiser la lecture de notre blog. Une majorité des œuvres ont été choisit pour leur appartenance au début de la période cubiste, les autres œuvres ont été choisit pour leur esthétique proche de celle de l’art africain. Notons que nous avons essayé de montrer différent médium utilisés par Picasso.

–          Art Africain : Toutes les images sélectionnées on été choisis en lien avec notre sujet, la plupart on été vue par Picasso car elles appartenaient à ses amis comme le peintre Derain par exemple. Mais nous avons également choisit des œuvres provenant directement de l’ancienne collection privée du peintre (pour plus de détails, je vous orient vers notre article « Apollo magazine : Corinna Lotz à propos de l’ouvrage de Peter Stepan ») qui possédait également des œuvres d’autres continents comme l’Océanie par exemple.

–          Photos d’atelier : Pour finir voici une galerie qui a pour but de nous plonger dans l’univers créatif de Picasso et de ses contemporains. Beaucoup de ces photo laissent entrevoir des œuvres africaines exposées sur les murs ou négligeâmes posées à terre comme sur le portrait d’Olga Khokhlova pris par Picasso. La plupart de ces prises de vue ont été réalisées par l’artiste.

J’espère que cet outil sera un bon accompagnement pour vos lectures. Vous trouverez un lien direct dans la colonne de droite.

Bonne navigation

Camille

L’art nègre, du musée au coffre-fort

Le site Le monde diplomatique fonctionne avec un système d’abonnement pour avoir accès à l’intégralité des archives du mensuel en illimité et lire le dernier numéro paru du Monde diplomatique.

Nous allons voir ici un article qui parle de l’art africain dans le monde du marché de l’art. L’art africain a été pendant longtemps pillé et encore aujourd’hui au détriment des populations locales… Mais ce qui a permis, d’une certaine manière de faire découvrir cet art (de la pire des manière) et de trouver ses amateurs et collectionneurs. En effet, nous pouvons voir aujourd’hui de nombreuses ventes importantes dans les plus grandes salles de ventes (Drouot notamment), d’art primitif et africain d’aujourd’hui.

 Cet intérêt pour cet art ne profite pas à l’Afrique, leur culture, ni à leur économie. En effet, les plus belles pièces sont vendues aux riches amateurs qui les conservent ensuite comme des investissements dans leurs coffres-forts comme le mentionne cet article. Ce phénomène vide les musées africains de leurs trésors.

L’aperçu de cet article nous mentionne en effet plusieurs grosses ventes durant l’année où l’article a été écrit, c’est à dire en 1989 :

 « En l’espace d’un an, deux reliquaires Kota ont ainsi atteint, dans les ventes aux enchères, des prix astronomiques par rapport à leur cote antérieure. Alors que, dans les années 70, ces pièces ne dépassaient pas 10 000 F. l’une d’elles, certes de facture exceptionnelle, et provenant de la collection Tristan Tzara, a été adjugée à l’Hôtel Drouot, le 16 juin 1988, 1 600 000 F. Le 27 février dernier, dans le même lieu, une autre de ces figures d’ancêtres, pourtant de moindre qualité, a été arrachée par une grande maison londonienne pour la coquette somme de 3 100 000 F. Seules quelques pièces de la collection Rasmussen avaient, en 1980, frôlé de tels sommets. Et la tendance ne semble pas devoir se renverser, bien au contraire, les prix étant encore très inférieurs à ceux des œuvres contemporaines. »

Tout cet engouement n’a fait qu’augmenter jusqu’à nos jours, dispersant aux quatre coins du monde des chefs-d’œuvre qui se retrouvent enfermés et appartenant le plus souvent à des particuliers et non des fondations qui permettent de les réunir de nouveau.

 Cet article nous explique comme les spéculations de l’époque, autour de cet art,  ont dépouillé les musées et la culture africaine pour l’investissement à long terme des connaisseurs.

 L’article d’Odile Felgine de Septembre 1989 se trouve toujours dans l’actualité et au cœur du marché de l’art mais surtout de cette question du dépouillement des cultures des pays les plus pauvres.

Marie

Ouverture d’un musée des arts africains à Caracas

Je vous présente ici un article de François-Xavier Freland. L’auteur nous informe de l’ouverture d’un musée au Vénézuela avec de nombreuse œuvres africaines dans un but bien précis, celui de faire découvrir et redécouvrir le savoir faire et l’art des ancêtres Vénézuéliens à ces derniers et les amateurs de cet art.

Image

Vue extérieur du musée d’art africain à Caracas

« Ce musée afro-américain à Caracas a pour but de refaire découvrir aux Vénézuéliens leurs origines africaines. »

Ce musée prend notamment toute son importance par sa démarche vraiment très prononcé envers la recherche d’instruire et de conserver cet art africain. L’ouverture de ce musée n’a pas été fait au hasard, en effet il a été inauguré dans le cadre de la semaine de l’Afrique dans le monde. Pour élaborer cette redécouverte en Amérique du Sud, la fondation Nelson Sanchez Chapellin a fourni 3 000 objets de leur collection privé. Le fondateur Nelson Sanchez Chapellin en parle :

« Nous sommes débordés, on vient tout juste d’ouvrir, et les classes de collège défilent. Nous ne nous attendions pas à un tel succès ».

Il y a vraiment une démarche culturel autour de ce musée dans un but de rendre fier les Vénézuéliens et d’instruire les nouvelles générations. C’est ce que la fondation a réussi à faire.

On nous décrit ensuite la composition du musée avec notamment des pièces très anciennes, des masques Nok, des lances, des tapis, des sculptures et objets divers de l’Ethnie Yoruba de différentes origines (Brésilienne, Cubaine, Vénézuélienne…). C’est un véritable travail ethnologique du fondateur et de son ami Morris Matza. Le témoignage et la participation d’Hector Griffin, ancien ambassadeur du Venezuela permet au musée de se faire connaître un peu plus et amène les amateurs et curieux à s’intéresser à cette démarche et culture africaine.

Image

Vue intérieur du musée avec notamment les statues et peintures

 

Cet article a été publié le 6 juin 2011 sur le site rfi (actualité et culture à travers le monde), écrit par François-Xavier Freland, un journaliste qui collabore avec de nombreux médias francophones comme ARTE, Canal+ notamment est aussi l’auteur de Générations Beurs (Autrement, 2003) ou encore L’Africaine blanche (Autrement, 2004).

Marie

Images Re-vues : L’empathie primitiviste

Voici un article très complet tiré de la publication en ligne du site d’Openedition Images Re-vues, une revue d’anthropologie et d’histoire de l’art. images-re-vues-logo-horizontal-petit-4

L’auteur, Carlo Severi, est un anthropologue, directeur des d’études à l’EHESS et directeur de recherche au CNRS. Il est également membre du Laboratoire d’Anthropologie sociale du Collège de France et travail actuellement avec le Musée du Quai Branly au département de recherche et d’enseignement.

Cet article est composé de trois parties : Les Enjeux de l’emprunt ; Carl Einstein, ou l’extase immobile ; Le primitivisme sans emprunts, ou la filiation imaginaire. Nous nous concentrerons sur l’introduction et les deux premières parties qui ont le plus de rapport avec notre sujet.

L’empathie Primitiviste : introduction

Tout d’abord, Carlo Severi aborde le cas des premiers emprunts au primitivisme réalisés par les fauvistes comme Matisse par exemple, à la recherche d’un nouvel espace et d’une nouvelle intensité de leur œuvres. Selon lui cette première phase est plutôt composée d’un mélange d’emprunts aux différents arts primitifs avec en majorités des références à l’art africain et à l’art océanien.  Ces emprunts aux arts primitifs se retrouvent surtout dans leur manière de simplifier l’image et les formes. Il cite l’historien américain de l’art Robert Goldwater reconnu pour son travail sur l’art africain et l’art moderne. Les fauves sont à la recherche de l’immédiateté et de l’intensité ces recherches sont proches de celles des cubistes et elles se déroulent peu avant la révolution cubiste et elles continuent en même temps. Mais les réponses formelles vont beaucoup diverger.

Goldwater s’est beaucoup exprimé sur l’empreint des artistes primitivistes, il considérait que l’emprunt formel direct n’avait pas eu lieu. Pour lui l’art primitif n’a été qu’un « catalyseur » des idées esthétiques fauvistes. De plus, il pensait que ces emprunts dirigeaient les artistes vers une expression de plus en plus abstraite.

Mais son propos a été mis à mal part l’exposition du Musée d’Art Moderne de New York organisée par William Rubin en 1984. En effet, cette exposition mettait en valeur les relations plastiques directes entre les œuvres d’arts africaines, océaniennes et amérindiennes, et les productions des avant-gardistes européens dont Picasso.

"Primitivism" in 20th Century Art: Affinity of the Tribal and the Modern [MoMA Exh. #1382, September 19, 1984-January 15, 1985]

« Primitivism » in 20th Century Art: Affinity of the Tribal and the Modern [September 19, 1984-January 15, 1985]

Enjeux de l’emprunt

Il est actuellement unilatéralement reconnu que des emprunts directs aux arts premiers ont eu lieux. Les comparaisons entre les primitivistes et les arts premiers sont de plus en plus nombreuses et parfois très flagrantes.

Outre les primitivistes, l’exposition de New York implique d’autres artistes dont les artistes cubistes comme Picasso. Mais l’auteur nous parle d’un emprunt presque réciproque, du moins au niveau de l’emploi des termes par les historiens de l’art, certaines œuvres africaines ont été qualifiées de « cubistes » ou d’ »abstraites » alors que les fameuses Demoiselles d’Avignon ont été décrites comme de « style africain ».

Carl Einstein, ou l’extase immobile

Historien d’art et écrivain allemand,  Carl Einstein est connu pour sont engagement dans le courant artistique et de pensée expressionniste. Dans cet article, Carlo Severi explique son interprétation des relations réciproque entre les deux formes d’art. L’auteur cite également son prédécesseur  le sculpteur Adolf von Hildebrand qui parlait de « l’idéal de cohérence absolue avec la nature de la forme qui lui est propre ».

Selon Einstein, la tridimensionnalité a été mise ne avant par le cubisme et la découverte simultanée de l’art africain.

« Il y a quelques années seulement – écrit Einstein – nous avons vécu en France une crise décisive. Grâce à un prodigieux effort de la conscience… quelques peintres eurent assez de force pour se détourner d’un métier appliqué mécaniquement. Une fois détachés des procédés habituels, ils examinèrent les éléments de la perception de l’espace pour trouver ce qui pouvait bien l’engendrer… Au même moment on découvrit la sculpture nègre et l’on reconnut que, dans son isolément, elle avait cultivé les formes pures de la plastique. »

Carlo Severi parle de « saisie mentale » comme moyen d’intensification de l’image. L’image cubiste ne résulte pas d’un point de vue unique du spectateur mais d’une multiplicité de points de vue simultanée qui permettent de comprendre une cohérence tridimensionnelle et instantanée de l’œuvre cubiste. Mais il prend pour exemple le « plus accompli » celui de la sculpture africaine. En cela il reprend l’idée d’Einstein qui place le masque africain comme le type d’œuvre qui permet le mieux de ressentir « l’intensité absolue ». Einstein parle le même « d’extase immobile » chez les masques africains qui pour lui étaient des modèles à l’art cubiste.

Le cubisme n’est donc pas le premier et le seul art inspiré des arts premiers mais il en ressort qu’il a été comme une sorte d’aboutissement des interprétations formelles des ces arts non européens et notamment de l’art africain.

Camille

Actualité : l’article discussion de Wikipédia sur le cubisme

Petite parenthèse aux amateurs qui se seraient forgé leur propre opinion et qui souhaiteraient contribuer au « savoir universel » selon l’expression du site. Wikipédia a créé une page de discussion concernant son article sur le cubisme. Il y est question de thèmes que nous abordons dans ce blog et des nombreuses questions que l’internaute peut se poser lors de son étude de la naissance du cubisme.

En effet, les discutions sont ouvertes sur plusieurs points :

–          A voir pour l’avenir… : Qui concerne le débat sur la parenté des théorie du peintre Cézanne avec la naissance du cubisme, qui selon la discussion, serait remise en cause par la fin de la lettre cité dans l’article Wikipédia

Paul Cézanne; entre 1888 et 1890; huile sur toile; H. 0.65 ; L. 0.815; musée d'Orsay, Paris, France ©photo musée d'Orsay / rmn

Paul Cézanne; entre 1888 et 1890; huile sur toile; H. 0.65 ; L. 0.815; musée d’Orsay, Paris, France ©photo musée d’Orsay / rmn

–          Les origines du cubisme : Toujours autour de l’interprétation des propos de Cézanne par Picasso et Braques reconnus comme co-inventeurs de ce courant.

–          « Nègre » ou « africain » ? : un débat vieux comme le monde dirons-nous, tout est à savoir si les masques provenant d’Afrique sont à désigner par le terme nègre et si bien sûr ce terme est à considéré, comme il l’est actuellement, de façon négative. Le débat est apparemment encore ouvert.

Je me permettrais de suggérer une hypothèse en citant l’article précédant avec Joseph Adande : «  Les vocables d’art «primitif», «nègre», «colonial», «africain», «négro-africain», «premier», désignent tous la même réalité, examinée à travers des lentilles que colore l’idéologie dominante du moment la mode parfois ou de réels besoins de renouvellement des perspectives esthétiques liées au visuel. » Tout est a resituer dans son contexte.

–          Réorganisation : Selon l’utilisateur nommé Dauphiné qui se décrit comme un journaliste français, les sources de l’article doivent être étoffées et le style de l’écriture plus littéraire et gommé de son ton trop engagé. Avis aux courageux !

–          Le concept : Paragraphe où le débat sur qui est l’initiateur du cubisme bas son plein.

–          Liens : voici un petit commentaire sur un site web sur lequel nous avons déjà rédigé un article; où les internautes mettent en garde le lecteur sur le manque de neutralité possible du site au regard des liens publicitaires qu’il affiche.

–          Après la Première Guerre mondiale : sur la mort du cubisme.

Tout est encore sujet à débattre mais l’article « Cubisme » reste intéressant pour qui veut aborder le cubisme. Il faut tout de même rappeler qu’avec Wikipédia, il faut toujours avoir un regard critique et réfléchit.

Camille

Un point de vue africain très éclairé !

Et qu’en pensent les principaux concernés ?

Voici un article très intéressant publié par l’historien d’art Joseph Codjovi Etienne ADANDE dans la revue annuelle Afrika Zamani publiée par le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) en 2001-2002 pour le compte de l’Association des Historiens Africains.

Mais tout d’abord expliquons le concept du CODESRIA; selon son site internet :

La mission de cet institut est détaillée dans une charte adoptée en décembre 2005 . Cette mission consiste entre autre à promouvoir les études en sciences sociales africaines et à faciliter leur diffusion par la promotion de publications. Le but est de mettre en valeur les compétences des chercheurs africains et l’importance de leurs points de vue dans les différentes sciences sociales et l’histoire mondiale. Le CODESRIA a également pour mission de regrouper les différentes études réalisées par ces chercheurs et à les regrouper pour leur donner plus de poids.

Le site du conseil rassemble donc de nombreuses publications mais ce n’est pas tout. Ce site donne accès à des programmes de recherche, des programmes de formation adaptés à la recherche, des comptes rendu de conférences en relation avec ses différentes missions, des ressources, des bourses d’étude, des annonces sur les conférences et les différentes opportunités qui pourraient intéresser les étudiants africains, et les actualités relatives à l’institution. Le tout est disponible dans trois langues : Français, Anglais et Portugais.

Il est aussi important de faire un point sur notre auteur le professeur Joseph Codjovi Etienne Adandé :

Cet universitaire à commencé sa formation en histoire de l’art africain au Bénin, puis il l’a complété en France dans notre université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il est maintenant enseignant et il publie régulièrement des articles ou des livres sur les arts africains. Il est également membres fondateur de rubon0   du Bénin.

Pour plus d’information, sa biographie complète ainsi que la liste de ses publications sont disponibles sur le site de l’INHA : logo-inha

Mais revenons à notre article. Il commence par un résumé de son propos ce qui sera très pratique pour vous faire votre propre idée de cette publication.

Cet article se propose de résumer dans un premier temps l’histoire des contacts entre l’art africain traditionnel et les européens en remontant à la période de l’arrivée des Portugais sur les côtes de l’Afrique au début du XVIe siècle. Dans un second temps, l’auteur nous développe son point de vue sur l’état actuel de l’enseignement de l’histoire des arts africains traditionnels dans le monde et surtout sur le continent africain, en mettant en avant les enjeux qui entourent cet enseignement pour l’avenir de la culture africaine dans le monde globalisé.

Joseph Adandé commence son histoire des contacts entre l’art africain et les européens au XVIe siècle moment comme il l’écrit avec des guillemets de la « découverte » du continent africain. Il explique dans son introduction que le phénomène au nom récent de globalisation ou de mondialisation de l’art africain traditionnel existe en réalité depuis des siècles selon les historiens de l’art. Chacune des périodes de l’histoire qui ont impliquées le continent africain comme la colonisation, les guerres mondiales ou l’invasion des nouvelles technologies, ont contribué à accentuer cette mondialisation de l’art africain. Mais comme le dit l’auteur, actuellement « plus aucun peuple ne peut prétendre l’ignorer (l’art africain) » pour preuve de l’importance de l’art africain dans la culture occidentale, il prend l’exemple de l’introduction de cet art au sein du Musée du Louvre grâce à l’implantation du Pavillon des Sessions en 2000.

Il divise l’histoire commune de l’art africain et du monde occidental en trois grandes phases de contact : La première période de curiosité de la part des européens, la période de dédain pour cet art jugé inférieur du XVIIe sicèle au XIXe sicèle, et le regain d’attrait pour un art jugé novateur au XXe siècle.

La première rencontre des européens avec l’art africain a eu lieu au moment où les explorateurs Portugais sont arrivés en Afrique dès le milieu du XVe siècle. L’auteur insiste alors sur le fait que les deux civilisations se sont alors entre-découvertes il parle de « traumatisme psychologique de la rencontre » chez les peuples africains. Pour lui, les Européens entrent alors dans une phase de curiosité qui les rend soucieux de découvrir ce que les autres peuples créent. Au XVIe siècle un goût européen se crée pour l’exotisme de ce nouveau continent, les œuvres africaines commencent à être convoitées par les Européens qui les exposent dans leurs cabinets de curiosité. Mais elles ne sont pas encore considérées comme des œuvres d’art.

Mais cette situation de respect curieux va se dégrader avec la montée du rejet de la culture chrétienne envers les peuples « païens », le mythe de la malédiction de Cham et de sa descendance qui serait les Africains. Tout au long de la Renaissance, l’iconographie liée aux légendes qui entoure les peuples d’Afrique se développe. Les croyances en des peuples primitifs, barbares et parfois même cannibales s’ancrent dans l’imaginaire Européen. Cette iconographie est exacerbée par l’essor de l’imprimerie en Europe.

Giovanni Bellini 1515; Huile sur toile;103 x 157 cm; Musée des Beaux Arts et d'Archéologie de Besançon

Giovanni Bellini
1515; Huile sur toile;103 x 157 cm; Musée des Beaux Arts et d’Archéologie de Besançon

A partir du XVIIe siècle, la vision négative du noir se généralise. Joseph Adandé met en avant un paradoxe de cette vision européenne :

Face à la redécouverte des canons antiques et à leur statu de modèle de la culture occidentale, le rejet de l’art africain est encore plus important. Mais on  reproche également à l’art africain de produire des idoles non conformes à l’idéal d’art des européens. Mais l’auteur nous rappel qu’à l’origine, les sculptures antiques servaient elles-mêmes d’idoles aux peuples grecs et romains, de plus, de son point de vue, les statues présentes dans les églises chrétiennes ont exactement le même statut que les œuvres africaines.

Par ailleurs, la curiosité des Européens va être exacerbée par leur recherche d’exotisme qui va les pousser à récolter de la « matière »pour leurs différentes études ethnologiques et plus tard anthropologiques sous couvert de la colonisation. L’art africain était alors considéré comme un matériel pour l’étude de ces peuples primitifs selon la pensée évolutionniste.

Mais l’art Africain va enfin être reconnu comme un art à part entière avec un regain d’intérêt au début du XXe siècle. Selon Joseph Adandé, l’art africain est une réponse à la quête des artistes européens pour la nouveauté. Ils vont alors chercher dans les musées ethnographiques « pour s’apercevoir que l’on y avait accumulé des formes suffisamment fortes et synthétiques pour traduire l’essentiel de leurs aspirations malgré leur formation dans les écoles des beaux-arts ». Selon lui, c’est cette redécouverte des arts africains et la compréhension d’une partie de leur fonctionnement plastique et conceptuel, qui a permis aux artistes comme Picasso d’inventer le cubisme. Cependant, Joseph Adandé dénonce une reprise parfois extrêmement proche des « formulations plastiques africaines dans certaines de leurs œuvres maîtresses ».

Pur finir, nous conclurons sur la dernière partie de cet article qui est un véritable appel aux étudiants et aux diverses institutions de formations, pour dénoncer le manque d’enseignement de l’art africains en Occident mais surtout en Afrique. Joseph Adandé met en avant la responsabilité des Africains dans la défense et l’étude de leur propre culture. Il semble assez pessimiste en ce qui concerne l’avenir, nous lui laisserons le mot de la fin :

« La tendance se dessine déjà, sur le continent américain au moins, de la perte progressive d’intérêt pour ces arts traditionnels. Là-bas, l’étudiant moyen ne tient plus à s’occuper de pièces dont on ne connaît pas l’auteur et le lieu d’origine. Pouvons-nous laisser exclusivement à d’autres le soin de s’occuper à notre place de ce que nos ancêtres ont créé ? »

Camille

Picasso à Dakar, 1972 – Une vidéo de l’INA

http://www.ina.fr/video/CAF97001684

picasso-dakar

Voici une petite perle que Camille et moi avions repéré toutes les deux sans se concerter mais qu’elle m’a gentiment cédé, j’espère donc que l’article fera honneur à son sacrifice!

Le document que je vais vous présenter et une vidéo tirée du site de l’INA, sur lequel je reviendrai dans un second temps.

De quoi s’agit-il ?

D’une vidéo relativement courte (3 :05 mn) mais très instructive puisqu’elle rend compte d’une exposition sur Picasso, qui s’est déroulée en 1972 au Musée Dynamique de Dakar. A ce titre elle est concrètement la première exposition dédiée à l’artiste sur le sol africain, ce qui déconstruit totalement ce qui avait été dit dans un précédent article à propos de l’exposition de 2006 à Johannesburg. Mais rappelons que dans cette dernière, il y avait une réelle prise de position dans la mise en avant de l’influence de l’art africain dans l’œuvre de Picasso, et que l’on présentait pour la première fois [sous cet angle] sur le continent noir.

L’exposition de Dakar se veut moins « polémique » s’il on veut, même si le désir de mettre en avant les liens étroits entre l’Afrique et Picasso est bien présent. Organisée à l’initiative de Léopold Sédar Senghor, alors président de la République du Sénégal, et qui fut un ami de l’artiste espagnol ; l’exposition se veut une sorte d’hommage avant l’heure (Rappel : Picasso disparaîtra l’année suivante) à l’Homme qui a créé par son art une sorte de passerelle entre Afrique et Occident.

Ce document audiovisuel est précieux pour plusieurs raisons :

Son format, une vidéo, donc un témoignage audio-visuel, direct et spontané. Nous arguerons que l’on peut toujours mentir à la caméra, mais il y a ce côté plus « parlant» presque plus « vrai » que possède la vidéo en rapport entre autre.

Il nous livre le point de vue de l’autre côté, le point de vue africain que finalement nous n’entendons que trop peu et qui manque également à notre analyse.

Mais surtout on peut y entendre le témoignage de Léopold Senghor, donc d’un homme qui a côtoyé l’artiste, avec qui il a conversé et dont il peut rapporter textuellement les paroles. Encore une fois on pourra toujours avancer le fait qu’il est aisé de mentir ou de déformer des propos, néanmoins les déclarations de Senghor apportent une dose de véracité et des preuves qui nous manquaient peut-être jusqu’alors.

Enfin j’ajouterais que l’on a également, même de manière succincte, l’avis d’amateurs non dénué d’intérêt.

Dans cette vidéo donc, le président Sénégalais rapporte le moment où Picasso lui a parlé de son inspiration de l’art nègre [0 :35 à 1 :20] ; et il est intéressant de voir que cela se passe en 1943-44, donc quelques décennies après la visite au Trocadéro et « Les Demoiselles d’Avignon », et prouve que cette inspiration africaine ne s’est pas limitée à une période de la vie de Picasso mais l’a réellement marqué durant le reste de sa carrière. C’est la vision d’un artiste mais surtout d’un Homme ouvert, qui a milité aux côtés de figures comme Léopold Senghor ou Aimé Césaire.

La seconde moitié de la vidéo recueille les impressions de quelques africains devant les œuvres de l’artiste espagnol. Leurs avis sont positifs et ils font preuve d’un enthousiasme certain, mais leurs paroles interpellent : entre ce jeune homme qui se dit « inspiré » par les toiles, ou cet autre qui parle des œuvres comme « la réalité même ». On a d’une part un amusant retour des choses, Picasso devenant « l’inspirateur » de l’Afrique, qui l’avait elle-même inspiré, d’autre part une vision de son oeuvre diamétralement opposée à celle (largement répandue) qui n’y voit que la déformation du réel sans souci de réalisme aucun.

C’est donc un témoignage vivant, humain, que nous livre cette vidéo. Une vidéo rare, étant donné qu’elle remonte à 1972, mais dont le visionnage nous est aujourd’hui permis grâce au site de l’Institut National Audiovisuel (INA).

Qu’est que l’INA ?

L’INA c’est une institution culturelle, fondée le 6 avril 1975, et qui se donne pour mission de sauvegarder, archiver et diffuser le patrimoine audiovisuel à tous les publics, amateurs ou professionnels. C’est également un centre de formation et de recherche.

Depuis 2006, le site internet de l’INA met à disposition gratuitement et par à un long travail de numérisation, l’accès en libre service de milliers documents audiovisuels, et permet surtout de sauver ces documents de la destruction. Le rôle de l’INA est donc majeur dans la sauvegarde et la promotion d’une grande partie du patrimoine culturel.

Le site en lui-même regroupe une quantité astronomique de fonds audiovisuels en tous genres : fonds national et régional de la télévision, radio, cinéma, publicité, également des photos. Il est possible de réaliser une recherche simple, par catégories de fonds, par thèmes, personnalités ou encore époques (du début du XXème siècle à l’après 2000). En outre le site possède une boutique de DVD/VOD (on peut regarder, télécharger ou graver sur CD différents films, non gratuitement bien entendu).

Voilà ce qu’il en est pour les particuliers voulant consulter les fonds. Mais l’INA possède également cinq autres sites destinés à différents profils, que l’on soit étudiant, chercheur ou particulier : L’INA Médiapro (pour les professionnels), l’INAthèque (pour les chercheurs, enseignants, étudiants, donnant accès à des postes de consultations), l’INA Expert (pour la formation supérieure et la recherche), l’INA Global (qui est une revue en ligne), et l’INA GRM (pour la création et l’innovation).

L’Institut National Audiovisuel poursuit actuellement ses missions de sauvetage, sauvegarde et promotion de notre riche patrimoine audiovisuel, et à ce titre on ne peut lui faire meilleur honneur que d’user et d’abuser de ce qui y est mis à notre service.

Au risque de me répéter au fil des articles, je vous encourage encore une fois à consulter ce site, véritable mine d’or de la culture.

N.B: On entend dans la vidéo un extrait d’un poème de Léopold Sédar Senghor dédié à Picasso, je ne résiste pas à l’envie de vous le faire partager.

Masque nègre
A Pablo Picasso

Elle dort et repose sur la candeur du sable.

Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.

Les paupières closes, coupe double et sources scellées.

Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou’ le sourire de la femme complice?

Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet. 

Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.

Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.

Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers

O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.

Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.

Je t’adore, ô Beauté, de mon oeil monocorde

Coralie

Du côté de la recherche (2)

jstor_logo

Je vous ai présenté précédemment le site de l’Erudit, qui je le rappelle est une plateforme de promotion et diffusion des recherches universitaires (québécoises surtout mais aussi étrangères. Aujourd’hui je vous parlerai de la base Jstor qui fondamentalement fonctionne sur le même principe, à deux, trois différences: Jstor ne publie de thèses, et à une politique  plus ouverte au sens où elle ne se centre pas sur des travaux d’universités particulières.

Qu’est-ce que Jstor ?

Fondé en 1995 par la fondation Andrew W. Mellon, le site de Jstor a pour mission originelle de mettre à profit les outils numériques dans la recherche et la publication de travaux académiques, sans but lucratif. Aujourd’hui c’est une bibliothèque numérique regroupant plus 1500 documents universitaires (revues, livres, essais,…) ; destinés aux étudiants et aux chercheurs, afin de promouvoir et diffuser le contenu de la recherche, et sauvegarder ce patrimoine pour les générations futures. En cela il se place dans la lignée de l’Erudit et de Persée

Jstor a le mérite de présenter une interface relativement attrayante, encore une fois s’il faut faire une comparaison, un peu éloignée de la neutralité dégagée par d’autres sites du même genre (cités ci-dessus); mais attention je ne parle ici qu’en terme de « design » et non de contenu. Ajoutons à cela le côté fonctionnel et intelligible :

Le site présente 3 interfaces différentes destinées à trois types de public auquel il s’adresse : les éditeurs, les bibliothécaires/documentalistes, et les « chercheurs », nous en l’occurrence (étudiants de tous niveaux et chercheurs), qui nous rendons sur le site en quête d’informations rares et donc précieuses. On peut donc s’orienter dès la page d’accueil.

Les différents outils et les pages possèdent un emplacement visible et intuitif ; la barre de recherche en haut à droite,  les pages d’ « aide », « à propos » ou « contact » dans une bannière épaisse au bas de l’écran (inutile de parcourir le site de long en large pour obtenir un email ou un numéro de téléphone de contact). Et là une fois encore, on s’oriente aisément entre les différents services suivant notre profil.

Il est possible de faire une recherche simple ou avancée, par titre, thème ou via le nom de l’auteur. A l’instar des documents publiés sur l’Erudit, il est possible de les télécharger au format PDF.

J’ai choisi cette fois de ne pas me concentrer sur un article en particulier, mais plutôt de livrer un compte rendu de mes recherches. J’ai donc usé de certains mots clés (« Picasso » , « Afrique », « Art africain », « Art nègre ») dans plusieurs langues (français, anglais, espagnol, celles qui me sont intelligibles) pour établir un constat de ce qu’il en ressort dans les publications.

Le résultat ?

Concrètement je n’ai rien trouvé qui puisse être en rapport direct avec notre sujet, à savoir l’impact de l’art africain sur le travail de Picasso; ou plutôt comme je le dis dans mon bilan provisoirele sujet est forcément abordés au travers d’autres angles:

– En traitant des « Demoiselles d’Avignon », comme point de départ du mouvement cubiste, l’influence africaine y est stipulé mais comme une base, une introduction, voire une anecdote. Exemples: cet article, celui-ci ou encore celui-là.

– L’art africain et son influence chez les peintres avant-gardistes du début du XXème siècle ou dans l’art contemporain; le sujet est y est traité mais de manière plus large, sans forcément se centrer sur l’oeuvre de Picasso. Comme ici

Il n’en demeure pas moins que tous ces articles sont très intéressant, et que par ailleurs ma recherche s’est limitée à trois langues et aux premières pages du résultat, car s’il y avait un document en rapport direct avec mes mots-clés il serait apparu dans en tête de liste. C’est un constat encore une fois, non une critique.

Je conseille donc vivement aux étudiants et autres tête chercheuses d’user et d’abuser de ce genre de plateformes, que se soit pour y chercher savoir et information ou pour les faire partager….Ce que nous nous évertuons à faire nous-même au travers de ce blog.

Coralie

Le point du vue du marché de l’art Primitif

Rendez-vous sur le site de la chaîne de télévision franco-allemande Arte pour un entretient avec le galeriste Llia Malichine, un marchand d’art africain installé à Baden-Baden en Allemagne, interrogé par la journaliste allemande Angelika Schindler.

3595444,property=imageData,CmC=1247486,CmPage=70.2151424.1247368,CmStyle=2151076,v=1,CmPart=com.arte-tv.www

Cet entretient date de l’année 2004, il a été publié en 2011 sur le site de la chaîne, il exprime donc un point de vue assez récent sur notre sujet qui est abordé dès le début de cet entretient.

Selon Llia Malichine les artistes avant-gardistes comme Picasso ou Gauguin étaient toujours en quête de nouveauté, et au début du XXe siècle, l’art africain les a beaucoup intéressés. Ce qui les attirait plus particulièrement, surtout en ce qui concerne Picasso, c’est la portée magique de cet art qu’il ne retrouvait pas dans l’art européen. Le galeriste décrit Picasso comme un passionné, sensible à l’auras de l’art africain mais également à son authenticité. Il parle également de la rencontre de Picasso avec l’art africain quia eu lieu lors de sa première visite au Musée Ethnographique du Trocadéro.

Llia Malichine analyse la naissance du cubisme par le prisme des révélations de l’art africain pour les deux géniteurs de ce courant si particulier que sont Picasso et Georges Braques. Pour lui, l’art africain leur a appris à saisir la tridimensionnalité des objets. Il utilise les termes de « segmentation de surface » que les deux artistes ont reconstituée dans leurs tableaux au début du XXe siècle. Il évoque également l’influence très importante qu’a eue l’art océanien sur les peintres avant-gardistes du début du XXe siècle.

Puis le galeriste est questionné sur l’aspect concret de son travail qui prête à controverse, entre la conservation des œuvres, leur valeur sur le marché de l’art mondial et les  contraintes liées à leur lieu de productions et aux raisons de cette production. Le cas de la vieille femme africaine qui refuse de lui vendre une sculpture est assez évocateur des conflits auxquels un marchand d’art primitif doit se trouver confronté. Les différents aspects de son travail ne sont pas toujours facile à comprendre car il reste assez vague sur ces méthodes mais lorsqu’il évoque la situation de ses collaborateurs africains touchés par le fléau du Sida, il est possible de comprendre que le métier actuel de marchand d’art primitif n’est pas le même que celui du début du XXe siècle. De ce fait, le regard des occidentaux sur cet art a également beaucoup évolué.

Camille